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15.12.2006

Audi A6 Avant face à la Chrysler 300C Touring : cargos de croisière

Chrysler débarque sur le marché des grands breaks avec une 300C Touring au style pour le moins exotique. Surprise : l'américaine apparaît très compétitive face à une Audi A6 Avant aussi rigoureuse que coûteuse. 

medium_100951i_1_.jpgA l'heure où tout le monde ne jure que par les monospaces et autres 4 x 4 surélevés aux « habitacles vérandas », la Chrysler 300C Touring joue la rupture. Dérivé de la berline apparue en juillet 2004, ce nouveau grand break (presque 5 m de long !) assume ses allures de porte-conteneurs. Mais la Chrysler n'est pas qu'une forte en gueule, puis- qu'elle profite du bagage technologique de Mercedes : sa plate-forme provient de la Classe E, tout comme son moteur diesel. De quoi affronter la flottille européenne avec sérénité.

Dans la marina des grands breaks distingués, l'A6 Avant fait figure de référence. Et elle aussi est porteuse d'un design fort, avec ses lignes épurées, sa calandre « Singleframe » et ses feux arrière à diodes. La belle aux anneaux profite par ailleurs de sa réputation de sérieux pour afficher des tarifs élitistes.

Malheureusement pour elle, la Chrysler casse les prix : 41 600 €, avec son gros diesel de 218 ch, sa boîte automatique et son équipement de yacht de luxe. Afin de rester dans des tarifs similaires, l'Audi doit se contenter d'un V6 TDI moins puissant et d'une dotation moins riche : finition Ambiente à 43 750 €. Mais elle doit en plus passer par les options pour piocher la boîte Multitronic et concurrencer de manière plus directe l'américaine. La facture grimpe à 46 050 €. D'entrée de jeu, ça tangue pour le navire allemand !

Mécanique
Le V6 turbo-diesel Mercedes qui équipe la Chrysler est un bloc au top de la technologie : rampe commune de dernière génération, injecteurs piézo-électriques, turbo à géométrie variable, vingt-quatre soupapes, filtre à particules... Accouplé à une boîte automatique à cinq rapports, il développe avec vigueur sa puissance et son couple (510 Nm de 1 600 à 2 800 tr/min !), mais sans jamais se montrer violent. De fait, sa bonhomie incite à conduire à l'américaine, en laissant le couple et la boîte automatique agir.

De son côté, l'Audi n'a pas grand-chose à lui envier sur le plan technique, les recettes sont similaires. Sa cylindrée inférieure dicte logiquement une puissance et un couple plus modestes (180 ch et 380 Nm), mais le break allemand affiche des performances comparables grâce à une masse moins éléphantesque. En matière de sensations, le V6 TDI dévoile un caractère assez latin : il monte joyeusement à l'assaut du compte-tours, en émettant un feulement flatteur pour les tympans. Sympathique, mais il faudra fermer les yeux sur le nuage de suies à l'accélération, faute de filtre à particules en série ! Quant à l'usage en ville, il est pénalisé par une certaine inertie du moteur sous les 2 000 tr/min, obligeant à jouer du levier de vitesses pour des relances énergiques, comme sur notre modèle d'essai. Un défaut que l'Audi corrige en optant pour la boîte Multitronic d'une extrême douceur, donc chaudement recommandée.

Châssis
Au premier abord, les suspensions de la Chrysler donnent une impression de trop grande mollesse : la 300C Touring se cabre légèrement à l'accélération et se laisse aller à une certaine prise de roulis en virage. Au fil des kilomètres, elle dévoile son vrai caractère. Certes, ses suspensions trépident légèrement sur routes dégradées, mais elle accepte avec bienveillance d'être brusquée. N'offrant pas un train avant des plus incisifs, cette propulsion se révèle stable sur ses appuis et pourra en surprendre plus d'un sur itinéraire tourmenté.

L'A6 est loin d'être inquiétée : elle possède un châssis entièrement dédié au plaisir de conduite et à l'efficacité. Son agilité apparaît surprenante pour un engin de 4,93 m dont le poids excède les 1 800 kg ! Reste que le confort de suspension fait les frais de cette course à la performance... Il y a bien une alternative, sous la forme d'une suspension pneumatique, mais elle alourdit encore la facture (2 320 €).

Vie à bord
Ces deux grands breaks, taillés pour les longs trajets, offrent un raffinement intérieur et un confort de haut vol. La Chrysler pratique la politique du tout compris : sellerie cuir, climatisation bizone, chaîne hi-fi de 276 W (!), volant et sièges à réglages électriques... Côté présentation, elle opte pour le style Arts déco avec ses chromes, sa petite horloge et ses compteurs aux accents rétro. Quant à l'espace intérieur, il est digne d'un paquebot.

A bord de l'Audi, point de sellerie en cuir ni de sièges électriques, mais une qualité de fabrication impeccable, ainsi que les derniers équipements technologiques qui font défaut à sa rivale (allumage automatique des phares, rétroviseurs extérieurs électrochromes ou encore frein de parking électrique). Et si ses sièges sont moins confortables et son habitabilité moins généreuse qu'à bord de la 300C Touring, l'A6 Avant possède un coffre plus long (jusqu'à 2,04 m avec banquette rabattue !), plus large et plus facile d'accès. En outre, le hayon peut être motorisé et commandable à distance (si toutefois on est prêt à ajouter la bagatelle de 630 € !).

De son côté, la Chrysler a quelque peu négligé l'aspect pratique de son coffre, qui souffre d'un seuil haut, d'une ouverture étroite et d'une faible largeur entre les passages de roues. Malgré tout, le volume annoncé est correct et le hayon aux charnières placées très en avant ne nécessite presque aucun recul pour s'ouvrir.

Budget
Outre la politique du tout compris, la 300 C Touring opte aussi pour le tarif unique : 41 600 € pour cette version 3.0 CRD. En face, l'Audi offre une multitude de finitions, allant de l'Attraction, plutôt dépouillée, à la luxueuse Exclusive Line. Les prix affichés n'ont jamais rien d'amical. Notre version de référence - Ambiente - est sans surprise plus chère (4 450 € avec la boîte Multitronic) et moins bien équipée (voir tableau). Faute d'écart substantiel côté consommations, ce seront la facilité de revente et la qualité irréprochable qui pourront faire pencher la balance côté Audi.
 
Vincent Desmonts Photos de Denis Meunier

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