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23.11.2007

BMW 318d DPF Luxe face à Renault Laguna 2.0 dCi 150 FAP Initiale

medium_116100i_1_.jpgLa Laguna justifie ses ambitions

La Laguna 2.0 dCi 150 fait honneur à la tradition française du confort et veut faire oublier les déboires de sa devancière. Dans sa quête de qualité, elle doit lutter contre une 318d qui soigne les sensations de conduite.

BMW 318d DPF Luxe
diesel
143 ch
7 Cv
disponible
35 900 euros

Renault Laguna 2.0 dCi 150 FAP Initiale
diesel
150 ch
9 Cv
disponible
34 800 euros

L'annonce de l'objectif « Top 3 » (la Laguna parmi les trois meilleures de sa catégorie en matière de qualité) par Carlos Ghosn aura fait couler beaucoup d'encre.

Si les responsables de Renault ont entre-temps mis de l'eau dans leur vin, en concédant que ce fameux Top 3 excluait d'office les constructeurs spécialistes que sont Mercedes, Audi et BMW, les chiffres sont têtus : dans cette version 2.0 dCi 150 Initiale équipée du filtre à particules, la Laguna flirte avec les 35 000 €... Soit 1 100 € de moins qu'une BMW 318d Luxe. Un écart relativement mince qui peut faire hésiter. La Laguna offre-t-elle assez d'arguments face à cette ambassadrice de la berline « premium » allemande ?


À conduire
Avec le 2.0 dCi 150, la Laguna a un bon équipier. Ce moteur se distingue par sa bonne éducation : vibrations absentes, sonorité discrète, même en charge, et souplesse de tous les instants. Les performances sont aussi au rendez-vous, puisque la Laguna accélère de 0 à 100 km/h en moins de dix secondes. Le tout en se contentant de 6 l aux 100 km en consommation moyenne.

Mais tout ceci n'effraie guère la BMW 318d qui vient tout juste de voir sa puissance passer de 122 à 143 ch. Elle reste ainsi au contact de la Laguna en terme de performances, mais fait mieux dans le domaine de la consommation : 5,7 l/100 km en ville contre 7,8 pour la Renault, soit une sobriété inférieure de près de 27 % ! L'astuce ? Il y en a plusieurs, rassemblées sous la bannière « Efficient Dynamics » : système Stop & Start, volets aérodynamiques pilotés devant le radiateur, alternateur fonctionnant en priorité durant les phases de décélération... Ces petites modifications donnent donc des résultats épatants, sans altérer l'agrément de conduite. Sauf en ville, où les soubresauts causés par le démarrage et l'arrêt du moteur finissent par lasser.

Avec leurs architectures différentes, la Laguna et la Série 3 dévoilent deux caractères bien opposés.
Si elles se rejoignent en matière d'efficacité, la Renault mise tout sur la facilité de conduite avec ses roues avant motrices et un ESP répondant présent pour juguler le moindre excès d'optimisme. La BMW se prête plus volontiers à une conduite sportive, avec son comportement plus agile et son remarquable équilibre de châssis. Sa direction précise participe à elle seule de l'agrément de conduite ! Même dans cette modeste version 318d, la Série 3 ne néglige pas le plaisir.

À vivre
Les efforts de qualité accordés à la Laguna ont beaucoup profité à l'habitacle, partie émergée de l'iceberg. Les matériaux sont désormais choisis avec un soin évident et assemblés de façon rigoureuse, ce qui devrait mettre la Renault à l'abri des « rossignols ». Néanmoins, la comparaison avec la Série 3 reste à l'avantage de cette dernière avec, notamment, des plastiques plus agréables au toucher et des placages façon aluminium d'apparence plus cossue que les boiseries de la Laguna en finition Initiale.

Sans doute trop pressée de singer les berlines allemandes, cette dernière s'offre des sièges aux rembourrages durs et des suspensions un peu trop fermes à basse vitesse. Surprenant sur une voiture au Losange, Renault faisant généralement figure de référence en la matière. Heureusement, l'insonorisation soignée, l'équipement complet et la planche de bord aux lignes très zen contribuent à rendre les voyages reposants.

À bord de la BMW, l'ambiance est sensiblement différente, avec une position de conduite basse, une instrumentation sans fioritures, un volant à jante épaisse et un levier de vitesses court. Sans surprise, la 318d met l'accent sur la sportivité, même si cela doit se payer en matière d'habitabilité, notamment à l'arrière où la cinquième place est très inconfortable. Quant au coffre, il n'est pas aussi pratique à charger que celui de la Laguna, qui profite d'une ouverture géante grâce à son hayon.

À acheter
BMW se montre moins pingre que par le passé, puisque cette BMW 318d Luxe offre de série la sellerie cuir, le système de navigation, le radar de recul, le régulateur de vitesse ou les capteurs de pluie et de lumière. Rien d'essentiel ne manque à l'appel - à l'exception notable du réglage lombaire, facturé... 325 € ! - ce qui est bien le moins vu les 35 900 € exigés.

Affichée 1 100 € moins cher, la Laguna 2.0 dCi FAP Initiale pratique quant à elle le « tout compris » : tout ou presque est de série, des phares au xénon directionnels à la peinture métallisée, en passant par les sièges cuir à réglages électriques (et à mémoires côté conducteur) ou la clé mains libres. Il est possible de profiter de toutes ces largesses sur la BMW, mais son prix dépasse alors les 40 000 € ! Il convient dès lors de calculer son plan de rentabilité, car la 318d facture assez cher sa sobriété hors normes... et n'offre pas la garantie 3 ans ou 150 000 km de la Laguna.

Bilan
À l'heure du choix, une question s'impose : qu'apporte de plus cette 318d en échange du supplément tarifaire qu'ellemedium_116102i_1_.jpg exige ? Une finition un cran au-dessus, un agrément de conduite plus sportif et surtout une meilleure sobriété.

En bonne généraliste, la Laguna 2.0 dCi affiche un rapport entre prestations et prix bien plus favorable, et met davantage l'accent sur le confort, la douceur des commandes et l'équipement. Le tout enrobé d'un standing de bon niveau. Alors, si votre budget d'acquisition est un peu juste pour accéder au statut de « béhèmiste », la Laguna sera bien plus qu'un lot de consolation.

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