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13.12.2006

Citroën C.Crosser, Renault Koleos, Peugeot 4007 : les Européens lancent leur offensive

SUV:Français d'esprit, Japonais de corps 
Après le Renault Koleos au Mondial de Paris, PSA vient de lancer son offensive sur le segment des SUV de loisirs. Si les trois français s'opposent dans leur définition, tous ont un point commun : des gènes nippons.  

medium_106817i_1_.jpgD'un phénomène isolé au milieu des années 90, les 4 x 4 de loisirs sont devenus aujourd'hui incontournables. La progression à deux chiffres de leurs ventes n'est pas étrangère à l'intérêt grandissant des constructeurs du Vieux Continent et ce, malgré un léger essoufflement des immatriculations en France (+ 1,6 % sur les neuf premiers mois de 2006, lire page 8). Entre le vieillissement des leaders (Nissan X-Trail) et leur renouvellement (le nouveau Toyota RAV4 est disponible et le Honda CR-V le sera au printemps 2007), ce segment est arrivé à une période charnière. Conscientes de leur retard, les marques européennes ont bien l'intention de se partager le gâteau en lançant conjointement une vaste offensive d'ici à 2008. Les constructeurs français sauteront aussi dans le train en marche à l'été 2007 pour Citroën et Peugeot, et au printemps 2008 pour Renault dans une conjoncture moins favorable en raison de la multiplication des acteurs. En plus de l'Opel Antara, Ford et Volkswagen seront aussi de la partie.
 
Manque de compétences. Dès lors, une question brûle les lèvres. Pourquoi nos trois représentants nationaux n'ont-ils pas réagi avant ? La réponse est cinglante : l'expertise en matière de 4 x 4 leur fait défaut. Mais que faites-vous de Dangel, le spécialiste français ? Rien, puisque cette entreprise n'a pas l'envergure pour produire son système à l'échelle industrielle avoue Claude Satinet. Toutefois, le problème est plus d'ordre économique que technique. Toujours selon lui : « Le développement d'une plate-forme et d'une transmission spécifiques est coûteux au regard du volume des ventes. » De plus, que ce soit PSA ou Renault, ni l'un ni l'autre ne possèdent l'usine adaptée à la production de ce type de véhicules. La naissance des trois SUV français est ainsi le fruit d'opportunités.
Quand on ne sait pas faire, on s'offre les services d'experts. Citroën, Peugeot et Renault sont donc allés voir au pays du Soleil Levant pour bénéficier de la meilleure technologie. Les deux premiers ont trouvé leur bonheur chez Mitsubishi, alors que la marque au Losange s'appuie sur son partenaire Nissan. Si PSA a quasiment acheté son SUV clé en main, se laissant le soin de le personnaliser selon le caractère de chaque marque (modification de la face avant, greffe d'un moteur 2.2 HDi...), Renault a maîtrisé l'ensemble de l'étude du Koleos en collaboration avec l'ingénierie de Nissan. Ceci explique que son lancement ne soit prévu qu'au printemps 2008 (fin 2007 pour son clone badgé Renault Samsung Motors).  

Gabarits différents, vocation identique. Développé sur la base du futur Nissan X-Trail qui sera dévoilé à l'automne 2007, le Koleos adopte aussi sa transmission à répartition électronique alors que bon nombre de motorisations seront partagées, dont le 2.0 à essence de 140 ch et le 2.0 dCi de 150 et 180 ch, accouplées à des boîtes manuelles et automatiques à six rapports. Une version deux roues motrices sera aussi disponible en Corée, mais elle pourrait arriver en France si la demande se fait sentir. Malgré l'aide au démarrage en côte et à la descente, son ambition ne sera pas de faire l'équilibriste mais d'accueillir cinq personnes dans un confort maximal, d'où la formule crossover (mi-break, mi-4 x 4). Selon les rumeurs, Renault aurait souhaité offrir aux passagers une modularité digne du Scénic. Sur ce sujet, le chef produit Fabrice Gottini affirme « qu'il faut s'attendre à quelques surprises et des ingéniosités » (trois sièges arrière individuels, rangement entre les sièges coulissants...). Quoiqu'il en soit, le SUV au losange présente un habitacle spacieux caractérisé par une hauteur sous toise excellente et de l'amplitude aux jambes. De multiples rangements seront disponibles avec des trappes dans le plancher et des tiroirs sous les sièges.
En face, les clones du Mitsubishi Outlander n'ont rien à lui envier sauf que le Citroën C.Crosser et le Peugeot 4007 ne jouent pas dans la même catégorie. Longs de 4,64 m (+ 12 cm par rapport au Koleos), ce duo offre une modularité évoluée avec une banquette arrière coulissante sur 80 mm dont l'accès est facilité par un pliage à commande électrique des sièges de la seconde rangée et deux places supplémentaires escamotables dans le plancher à défaut d'être confortables. Cette générosité se remarque dans le volume du coffre, gargantuesque, et préservé dans la configuration à sept places. De plus, l'habitacle est tapissé de rangements (double boîte à gants, bacs sur les trois rangs...).

Sur le plan du système de transmission, les SUV frappés des chevrons et du lion sont sur un pied d'égalité. En revanche, leur palette de motorisations se résume à l'inédit 2.2 HDi de 156 ch associé à une boîte manuelle à six rapports d'origine Mitsubishi.  

Opposition de style. Si les trois véhicules s'accordent sur leur vocation familiale, il en est autrement en matière d'esthétique. Le Koleos adopte un faciès typiquement Renault, non agressif, alors que la poupe présente un aspect dynamique façon break. C'est ce que l'on appelle le mélange des genres, autrement dit crossover.

A l'inverse, les modèles signés PSA revendiquent un arrière plus carré de baroudeur mais se distinguent par une proue élégante ou virile selon la marque (Citroën ou Peugeot).

Ultime détail, ces nouveaux SUV à la française disposent chacun d'un hayon en deux parties. Comme quoi, parfois, les opposés se ressemblent !
 
Grégory PELLETIER Photos de Denis MEUNIER et DR

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