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20.11.2006
Audi A8 V6 3.2 FSI Quattro et Mercedes S 350 : A cheval sur les principes
Aussi prestigieuses soient-elles, les Classe S et A8 ont droit à leur version « d'accès ». Si leurs V6 manquent un peu de brio, elles doivent, par principe, rester des berlines de haut rang.
Proposer opulence et technologie, c'est le credo du tiercé de tête des grandes berlines de luxe que sont l' Audi A8, la BMW Série 7 et la Mercedes Classe S. Cette dernière, fraîchement revue, va s'efforcer de perpétuer le succès des générations précédentes, qui en a fait la berline de prestige la plus vendue sur notre territoire.
Pour garder la main, elle offre (façon de parler !) une palette d'équipements dernier cri célébrant la toute puissance de l'électronique. Le tout sous une nouvelle robe, plus musclée, qui abrite en version de base, un « simple » moteur V6 de 272 ch.
Face à elle, l'Audi A8, âgée de trois ans, est auréolée d'une excellente réputation de dynamisme et de sécurité. Grâce, surtout à sa coque en aluminium et à sa transmission intégrale. Elle dispose, pour l'occasion d'un nouveau V6 d'entrée de gamme délivrant 260 ch.
MÉCANIQUE
Nos deux protagonistes se présentent ici dans leurs exécutions les moins puissantes. Mais, rassurez-vous, pas de mauvais cheval dans la course. Le V6 de 3,5 l de la Mercedes est un bloc tout alliage moderne (calage d'arbres à cames et collecteur d'admission variable) qui se révèle tout à fait convaincant. Disponible, silencieux, exempt de vibrations, il se fait oublier, même mené à la cravache. Ses accélérations n'ont rien de spectaculaires, mais il permet à la grande Classe S de se mouvoir avec efficacité. La boîte 7G-Tronic, quant à elle, est un modèle de douceur... sauf en cas de forte décélération suivie d'une relance immédiate : cela engendre systématiquement un à-coup de transmission désagréable. Pas idéal pour le confort de marche.
Chez Audi, le nouveau V6 de 3,2 l brandit l'atout d'une injection directe d'essence. Légèrement moins puissant et malgré tout plus gourmand que le V6 Mercedes, il n'hésite pas à prendre le mors aux dents et demeure plus communicatif en dépit de sa cylindrée moins généreuse. Il est toutefois moins volontaire à moyen régime, ce qui amène la boîte automatique à rétrograder plus souvent qu'à son tour. Un point partout question « inconfort » de marche.
CHASSIS
Bien qu'elles soient moins à cheval sur le plaisir mécanique, les deux allemandes naviguent dans les hautes sphères lorsqu'il s'agit du comportement. La Mercedes fait honneur à sa réputation en proposant un châssis sophistiqué à suspension pneumatique. Cette combinaison fait merveille pour filtrer les défauts de la chaussée, pour le plus grand bonheur des passagers. Pour le conducteur, la prise de roulis, assez marquée dès que le rythme augmente, et le freinage, qui aurait gagné à être plus réactif, sont les seules ombres à ce beau tableau.
La légère A8, conçue à grand renfort d'aluminium, peut se permettre le luxe d'une transmission intégrale de série qui autorise une marge de sécurité inégalable sans grever le poids ni l'agilité. Les trains roulants, eux aussi, font appel à des alliages légers et sont suspendus par des combinés pneumatiques gérés électroniquement. L'Audi se révèle fort agréable à mener malgré sa relative fermeté. Elle freine fort et reste toujours réactive. La voilà presque sportive ! En se prenant au jeu de la conduite musclée, les jantes optionnelles de 19 pouces (3 500 €) équipant notre modèle d'essai (17 pouces en standard) augmentent considérablement les percussions sur mauvais revêtements. Le confort en pâtit. A déconseiller, donc, pour ceux qui privilégient la quiétude des passagers.
VIE à BORD
Depuis toujours, Mercedes a fait de la qualité de vie à bord son cheval de bataille. La nouvelle Classe S fait encore - oui, c'est possible - des progrès significatifs. Cuir et bois sont de série sur cette version de base, tout comme les principaux réglages électriques, le système de navigation et l'indispensable ordinateur de bord/multimédia (Comand) géré par une molette inspirée du i-Drive BMW. Les petites attentions (écran central orientable, aide au parking, assistance de fermeture des portes...) s'ajoutent à la perfection d'excellents sièges avant, modèles de confort et d'ergonomie grâce à la pléthore de réglages disponibles. Enfin, le silence qui règne dans ce palace roulant tient de l'exception.
L'A8 réussit le tour de force d'atteindre un niveau légèrement supérieur en termes de qualité des matériaux et d'assemblage. La planche de bord, plus classique, dispose d'un équipement très correct, comprenant le système de navigation à écran rétractable. Les gadgets récents (comme la vision de nuit en option sur la Classe S) lui sont interdits. Les sièges en cuir sont plus fermes mais il n'y a rien à y redire sur le plan de l'ergonomie. L'A8 ne peut toutefois lutter contre la Mercedes en matière d'insonorisation.
A l'arrière de ces deux véhicules, le confort est princier. La Mercedes offre cependant plus d'amplitude et affirme sa suprématie en terme de confort d'assise. L'une comme l'autre sont dotées de buses de ventilation séparées, d'un large accoudoir formant rangement. Il faut malgré tout avoir recours aux options pour que l'équipement devienne royal : par exemple les réglages électriques (1 675 € chez Mercedes) ou les fixations Isofix (120 € chez Audi).
BUDGET
Dernière arrivée, la S 350 fait payer son standing au prix fort. Bien qu'il s'agisse de la version d'entrée de gamme, son tarif de 82 900 € n'a rien de basique. En contrepartie, l'équipement, archi-complet, est au top de la modernité. Sans parler des options dernier cri, comme la vision de nuit, dont l'Audi ne peut que rêver.
L'A8 V6 3.2 est pour sa part affichée à 75 540 €. Pour atteindre la dotation de la S 350, il faudrait y ajouter environ 3 000 € d'options... Elle reste nettement moins chère que sa rivale, d'autant qu'elle peut arguer de sa transmission intégrale.
David Lamboley (Photos de Denis Meunier)
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