21.12.2006
BMW 320d Touring face à Alfa Romeo 159 Sportwagon : la saison des plaisirs
Rouler en break fait partie des nouveaux plaisirs automobiles. Dernier venu, le 159 SW flatte la rétine avec sa ligne à couper le souffle. Face à lui, le BMW Série 3 Touring éveille les sens du conducteur. Et l'aspect pratique dans tout ça ?
Si le break reste recherché pour sa soute à bagages, il est impossible aujourd'hui d'envisager mettre en vente un modèle au physique ingrat, qui plus est à la mécanique agricole. Un tel véhicule s'achète désormais aussi pour son style et son agrément, surtout dans le cas des familiales dites Premium. Tradition oblige, Alfa parie sur le design, en dotant son dernier 159 Sportwagon d'une superbe robe. De son côté, BMW privilégie une autre forme d'hédonisme automobile : le plaisir de la conduite. Deux visions du break pour un objectif commun : déclencher l'achat coup de coeur et le transformer en bon de commande.
Pour autant, ces deux modèles ne doivent pas oublier leur vocation première : se montrer pratiques et habitables. Parviennent-ils à tout concilier ?
Mécanique
Réquisitionné pour animer l'Alfa, le 1.9 JTDm à seize soupapes remplit valeureusement sa mission. Discret et silencieux, le bloc italien sait se faire oublier grâce à une bonne maîtrise de ses vibrations. Ses 150 ch lui permettent de revendiquer des performances honnêtes malgré les 1 600 kg à tracter. Un poids important qui atténue la relative brutalité de ce moteur et met en relief son caractère creux à bas régime. Fort heureusement, la boîte bien étagée, à la commande très agréable, permet d'exploiter au mieux cette mécanique. Mais, si vous n'êtes pas réellement pressé, un conseil : optez pour la version de 120 ch. Moins chère de 2 250 €, plus ronde aussi, elle est globalement mieux adaptée au quotidien.
Avec le quatre-cylindres diesel de la 2.0d, BMW confirme sa réputation de motoriste. Par rapport à son rival, ses 13 ch supplémentaires lui donnent une tout autre envergure tant l'écart en performances est important. Un bonheur ne venant jamais seul, il s'offre même le luxe de consommer 0,2 litre de moins en cycle mixte. Côté caractère, le bloc bavarois fait preuve d'un étonnant punch et d'un effet turbo prononcé. Mais, à l'image de son rival, il souffre d'une certaine inertie sous 1 800 tr/min, forte puissance spécifique oblige. Du coup, le conducteur se voit dans l'obligation d'emballer la mécanique pour ne pas caler au démarrage, et de tricoter avec une boîte de vitesses au maniement exemplaire pour cravacher les reprises. En revanche, ce diesel se fait davantage entendre et, de série sur l'Alfa, le filtre à particules est ici en option (600 €). Ceux qui ont l'oreille sensible et la fibre écologique sauront en tirer les conséquences.
Châssis
Sur la route, le 159 SW se révèle beaucoup plus facile à vivre que le 156 SW qu'il remplace. Position de conduite mieux étudiée, direction beaucoup plus précise et commande de boîte aux débattements réduits, les progrès sont flagrants. Le comportement se montre sérieux, mais pas ennuyeux. Le train avant passe parfaitement le couple du moteur, et l'arrière suit avec bienveillance. Mis à part quelques discrètes réactions dans le volant en cas de forte accélération sur revêtement dégradé, difficile de se croire à bord d'une traction. Si l'amortissement se permet davantage de mouvements de caisse, c'est au bénéfice du confort grâce à des suspensions filtrant parfaitement les aspérités de la route. Du bon travail !
A bord du BMW Touring, la position de conduite plus basse annonce la couleur. Son comportement aussi ! Agile, et précis comme une horloge suisse, le Touring enfile les courbes comme des perles. Sa direction consistante, son roulis maîtrisé et son amortissement ferme transpirent davantage la sportivité. Mais le confort en pâtit, surtout avec des roues de 17 pouces, comme sur notre modèle d'essai.
Vie à bord
Avec ses compteurs ronds et sa console centrale massive, l'Alfa réserve une ambiance sportive, mais une finition parfois légère. L'ergonomie progresse grandement malgré quelques détails agaçants, comme l'absence de poignée de coffre et sa commande d'ouverture située sur le plafonnier... Un parfait non-sens ! De son côté, le BMW offre une atmosphère plus froide, singeant le mobilier moderne. Une simple question de goût, mais la qualité de fabrication et l'emplacement des diverses commandes sont irréprochables.
En revanche, ni l'un ni l'autre n'offrent beaucoup de rangements. Mis à part la présence d'une boîte située dans le prolongement de la console centrale et d'aumônières, difficile de trouver où poser ses affaires. D'ailleurs, le Série 3 Touring ne dispose d'aucun bac de porte à l'arrière !
Ce n'est pas plus brillant en termes d'habitabilité. L'italien souffre d'une accessibilité pénalisante pour installer un bébé alors que le voyageur sur le siège central de l'allemand ne restera guère longtemps à bord.
Coffre et chargement
Les deux disposent d'une modularité identique et... franchement sommaire. Les dossiers de banquette se rabattent, mais les assises restent désespérément fixes. Pas la moindre trace d'un siège passager rabattable, ni même d'une lunette arrière ouvrante.
Rendant cinq litres à celui du BMW, le coffre du Sportwagon n'a surtout rien de rationnel, avec son seuil de chargement trop élevé et ses formes biscornues. Doté d'une moindre hauteur sous tablettes, celui du Touring est pourtant plus logeable et plus astucieux avec ses nombreuses trappes de rangement situées sous le plancher.
Budget
Sans être donné, le break Alfa Romeo ménage davantage les comptes en banque. Affiché à 2 250 € de moins que son rival en finition Distinctive, l'italien vous offre plus d'équipements (lire tableau). Dans sa version Première, le Série 3 Touring exige de mettre la main au portefeuille pour s'offrir la climatisation automatique, ou encore les radars de recul, qui ne sont pas un luxe aux vues de la mauvaise rétrovision. Certes, la liste des options est longue, et les équipements techniques nombreux, mais leurs tarifs prohibitifs calment très rapidement la frénésie d'achat. Bref, le blason BMW se paie au prix fort malgré un équipement léger. Seule la valeur résiduelle de revente et les consommations plaident en faveur de l'allemand. Maigre consolation, sauf si le choix d'un break tient plus du plaisir pour le « papa » pilote que pour sa famille.
Jacques Warnery
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12:30 Publié dans Alfa Romeo , BMW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alfa Romeo, 159, Sportwagon, BMW, 320, 320 Touring, comparatif
15.12.2006
L'Alfa Romeo 159 1.9 JTDm face à l'Audi A4 2.0TDI : l'Alfa monte d'un cran
L'Alfa Romeo 159 n'a pas seulement la tête de l'emploi. Elle possède aussi les qualités foncières exigées d'une berline de haut de gamme. Et le prouve face à l'Audi A4, référence du genre.
Un capot nerveux, des ailes galbées, huit optiques brillants et la calandre emblématique : lorsque la 159 grossit dans le rétroviseur, elle en impose. Sculptée plutôt que dessinée, elle montre rapidement ses muscles et finit par doubler dans une grâce toute italienne. L'arrière un peu trop massif est la seule note discordante dans ce concert stylistique. De belles voitures venues de Milan, il y en a toujours eu. La véritable nouveauté apportée par la 159, c'est qu'avec elle Alfa Romeo a retrouvé le goût de l'ambition. Et monte en gamme pour reprendre sa bataille avec Audi et BMW en leur montrant qu'ils ne sont pas les seuls à connaître les codes en cours dans la catégorie des berlines distinguées.
L'A4 sert naturellement d'étalon à la 159, elle qui connaît un sursaut commercial inattendu depuis son restylage opéré en début d'année : des ventes en hausse de 25 % la placent en tête des berlines dites premium en France. Ces routières de sang noble s'opposent ici avec leurs motorisations les plus prisées : le 1.9 JTDm de 150 ch pour la 159, le 2.0 TDI de 140 ch pour l'A4. Un premier constat s'impose : dans cette version, l'italienne est plus chère que l'allemande. Il fallait oser !
Mécanique
Avec leur puissance respectable, leur boîte manuelle à six vitesses et leur appétit mesuré, ces berlines avalent les kilomètres avec aisance. En dépit d'un déficit de 10 ch en puissance, l'A4 ne lâche rien sur la route grâce au tonus de son TDI à bas régimes. Le moteur de l'Alfa propose un fonctionnement plus lissé. C'est moins démonstratif, mais plus agréable au quotidien. Plus discret et moins heurté lors des relances, le JTDm décontracte la conduite, tout en disposant toujours d'une réserve suffisante pour accélérer le pas.
En comparaison, l'ambiance sonore est moins agréable dans l'A4 : son moteur est plus rugueux, et la force du TDI à bas régimes oblige à doser l'embrayage à basse vitesse pour éviter tout sursaut. L'A4 peut toutefois adoucir le fonctionnement de son diesel en adoptant une transmission à variation continue Multitronic (2 000 Û), alors que l'Alfa 159 devra attendre le courant de 2006 pour disposer d'une boîte automatique.
Châssis
La sportivité suggérée par le style se retrouve dans la base roulante de l'Alfa Romeo. Rivée à la route, emmenée par un train avant direct et guidée par une direction précise, l'italienne étale son talent dans les enchaînements de virages. Seul bémol : il faut composer avec des retours de couple dans le volant. Une faille que ses concurrents ont réussi à juguler.
Contrepartie de l'efficacité routière de l'Alfa 159, son confort est typiquement... germanique, autrement dit assez percutant à basse vitesse. Il serait abusif de parler de châssis « casse-dos », mais l'A4 se montre plus tolérante avec les fessiers. Plus souple sur ses appuis, l'Audi est, par conséquent, davantage sujette à des mouvements de caisse sur route bosselée. La direction n'offre pas un ressenti aussi direct que celui de l'Alfa, ce qui confirme que l'allemande est plus typée confort que sa rivale.
Bien entendu, les systèmes d'assistance veillent sur ces deux modèles. Quand la chaussée est humide et couverte de feuilles mortes, conditions de cet essai et lot quotidien en cette saison, l'ABS avec l'assistance au freinage d'urgence et l'antidérapage ESP s'avèrent des amis précieux...
Vie à bord
Quand on s'installe au volant de l'A4, on en a pour son argent. Finition exemplaire, précision des assemblages, raffinement de chaque détail (compteurs, commandes...) et qualité du système audio démontrent qu'Audi n'a pas lésiné sur les moyens pour devenir la référence en matière de qualité de fabrication. La 159 n'a visiblement pas bénéficié des mêmes investissements et préfère attirer les regards sur le dessin de sa planche de bord. La multiplication des cadrans, la console centrale inclinée vers le conducteur, le délicieux volant à trois branches et le petit levier de vitesse forment un ensemble à la sportivité bienvenue. Et si la qualité n'atteint pas celle de l'Audi, l'ensemble est de bonne facture, et très agréable à vivre dans les teintes claires de notre modèle d'essai.
L'ambiance plus sombre à bord de l'A4 est surtout mal vécue à l'arrière. Espace aux coudes plus étriqué, pas de bacs de portières, pas de poches aumônières et impression d'enfermement ne rendent pas l'endroit très convivial pour les voyages. La punition suprême étant d'être le troisième larron sur la banquette ! En comparaison, l'Alfa Romeo 159 fait preuve d'une fibre familiale plus développée. Les passagers arrière y disposent d'une habitabilité plus acceptable, de divers rangements et même de buses de ventilation !
L'italienne a beau avoir une poupe très rebondie qui limite la taille de la lunette arrière et la rétrovision, ce n'est pas elle qui profite du coffre le plus vaste : 405 l, quand celui de l'Audi offre 460 l. De surcroît, l'A4 dispose d'une poignée d'ouverture sur la malle. Sur la 159, il faut déverrouiller le coffre avec la télécommande ou aller chercher un bouton perché sur le plafonnier. Agaçant !
Budget
Il est ambitieux, voire présomptueux, de la part d'Alfa Romeo d'afficher un prix plus haut qu'une A4 réputée pour ses tarifs élevés. Mais un bref coup d'oeil à l'équipement de série permet de constater que c'est bien l'Audi qui va creuser le plus le portefeuille. Sur cette finition de milieu de gamme Ambiente, les options sont en effet nombreuses, onéreuses et parfois mesquines face à la dotation complète de la 159 en finition Distinctive. Autres atouts de l'Alfa : un filtre à particules monté en série sur son diesel et trois ans d'entretien inclus.
Bertrand BELLOIS Photos de Denis MEUNIER
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17:01 Publié dans Alfa Romeo , Audi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Audi, A4, Alfa Romeo, 159, comparatif, argus, automobile








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